26 novembre 2009

Les Taxis pour une France qui perd

Pour comprendre pourquoi la France n'est pas prête de sortir de sa sinistrose et de son misérabilisme, rien ne vaut une expérience du quotidien, loin des discours des statisticiens et des économistes. Que du concret et c'est limpide.

J'ai récemment pris un taxi que j'avais commandé par téléphone. C'est très moderne, un serveur vocal prend la commande. Je demande un taxi dans l'immédiat. Le robot vocal m'indique que le taxi sera là dans 10 à 15 minutes. Dix minutes plus tard le taxi est déjà là depuis quelques minutes le compteur affiche un montant qui représente la MOITIE DE LA COURSE. Donc il faut accepter de payer deux fois la course alors que les tarifs de taxis français sont plus cher qu'ailleurs. Je demande au chauffeur pourquoi il ne m'a pas appelé dès son arrivée en avance au lieu de laisser tourner le compteur pour rien. "Je n'en sais rien, c'est pas moi, faut voir avec le central"

Vous trouvez cela anormal? Moi aussi et c'est bien normal. Pourtant sur son site web, l'opérateur de taxi a le culot d'expliquer dans sa faq que ce qui est anormal, c'est ça la normale. Et que vous et moi - tout le monde en fait - sommes sans doute des mal-comprenants.

Voyez plutôt:

Question
J'ai commandé un taxi pour 8h30. Le chauffeur est arrivé en avance, à 8h20, et a laissé tourner son compteur pendant 10 minutes. Résultat, quand je suis monté(e) dans le véhicule, le taxi affichait déjà un certain montant au compteur. Est-ce normal?

Réponse
OUI.
Lorsque vous commandez un taxi à l'avance, votre demande est enregistrée immédiatement dans le système de transmission de données TAXIS G7. La recherche effective du taxi disponible le plus proche est lancée 15 minutes environ avant l'heure du rendez-vous, la position exacte des taxis à un instant donné ne pouvant être connue à l'avance. Dès acceptation de la course, le chauffeur de taxi doit mettre en route son taximètre, qui restera en fonctionnement jusqu'à la fin de votre course.
L'argumentaire est habituel: un peu de jargon, de technique, de procédures maison qui sont de la poudre qu'ils s'emploient à vous jeter aux yeux. Mais ils s'aveuglent eux-même puisqu'ils ne voient pas qu'a force de rançonner les clients, ils tuent leur propre fond de commerce. Pourtant quel boucan ils font quand il geignent à qui mieux mieux dès qu'il s'agit de changer quelque chose à leur fonctionnement. Personnellement je n'ai pas de peine pour eux et je souhaite de finir sur la paille, comme les bandits et les rançonneurs auxquels ils ressemblent tant.

Il y aussi ce grand classique: votre interlocuteur n'est responsable de rien. Il ne peut rien faire pour vous, et c'est un inconnu injoignable qui est censé répondre de la transaction. Ouais c'est ça je vois le truc. Encore des excuses vaseuses pour se défausser.

Ben peut-être que c'est le modèle qu'il faut suivre sans chercher à faire mieux.
  • Principe numéro un : le client est un con
  • Principe numéro deux: soutirez-lui un max de fric
  • Principe numéro trois: s'il conteste dites lui que ce n'est pas à vous que de lui répondre et qu'il faut appeler un call center, surtaxé si possible, pour lui balance du jargon et des arguments vaseux. Bref tout ce qu'on peut. De toute façon, n'oubliez pas que le client est un con.
Bon ben pas la peine de chercher plus loin, la France qui perd est là et n'est pas prête à changer.

Aucun commentaire: